Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/462

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c’est la virtuose que j’ai entendue le même jour que de La B[lancherie] l’écoutait et faisait ses observations. Cette demoiselle Paradis avait commencé d’être traitée à Vienne par Mesmer, qui en parle je ne sais où[1].

Donne-moi de tes nouvelles, mon cher ami ; parle-moi de ta santé, j’en suis presque toujours occupée. Tu as bien de la peine sûrement à rendre Eudora propre pour la nuit, pauvre petit enfant ! Il te tient compagnie à table, il occupe ma place, il jase et te fait des poutous[2] : il est bien heureux ! La bonne va doucement son petit train, assez tristement ; elle est fort maigre et s’ennuie de tout son cœur. Tu sais que Belin n’a pas entendu à l’échange, et qu’on lui prend le Trévx. [Trévoux] pour M. d’Eu ; le doute que j’ai eu si celui de Visse était le même m’a fait dire qu’il était plus simple de prendre celui qu’on indiquait. M. Parault te dit mille choses ; je vois cet honnête homme assez souvent ; il est doux et modeste comme une fille, et intéressant par sa littérature. M. Cannet de Sélincourt est venu l’autre jour comme j’étais sortie. Je t’embrasse de tout mon cœur. Million de choses aux voisins, grands-parents, à la petite, société, etc. Flesselles attend mercredi M. de Calonne[3].

  1. Voir la lettre du 20 avril 1784. — Mlle Paradis était aveugle (Mém. secrets, 2 avril 1784, et Correspondance littéraire, avril 1784).
  2. Baisers, en languedocien. — Roland avait dû rapporter ce mot de Lodève.
  3. Suit, au manuscrit, une lettre de Valioud à Madame Roland, que nous donnons ci-après (Madame Roland a écrit sa lettre sur les pages blanches de celle de Valioud) :

    Madame

    J’ai travaillé hier après-midi avec M. Tolozan. Je lui ai demandé s’il s’était entretenu de votre affaire avec MM. les Intendants du commerce. Il m’a dit qu’il n’avait pu le faire par la raison que M. de Blondel est arrivé for tard au Comité, et qu’on a même été obligé de remettre à un autre jour bien des objets qu’on avait à y traiter. Mais il m’a chargé de lui donner une note qu’il mettra dans son portefeuille, pour qu’il soit question de vous vendredi prochain.

    Je suis bien fâché, Madame, de ce retard. Vous voilà dans le cas des pauvres plaideurs qui sont obligés de prendre patience. Je désire au moins que vous ne perdiez rien pour attendre.

    Je suis avec respect, Madame, votre très humble et très obéissant serviteur.

    Valioud Dormenville

    Ce dimanche, 25 avril 1784.