Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/459

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messe pour vendredi prochain et je prierai le frère de voir M. Val[ioud] pour m’instruire aussitôt, car je désirerais beaucoup qu’il en fût question généralement entre eux avant le renvoi de l’affaire. J’ai profité de la circonstance pour soigner un rhume dont je me serais bien passée, mais qui est là et qui me gêne beaucoup, car il entreprend le nez, les yeux et la voix de la solliciteuse, qui, de cette affaire-là, n’a plus l’air ni le ton fort dégagés. Je bois de l’eau de tous les côtés, je cherche à suer, ce qui n’est pas aisé, le temps s’étant très refroidi ; je me repose ou je joue du forte-piano : voilà ma vie pour quelques jours.

J’ai reçu tous tes avis pour Flesselles et je lui ai tout remis ; tu juges s’il te remercie, etc. ; il est maintenant à Versailles ; il va pousser l’affaire des crts[1]. M. de Mt[Montaran] a toujours son procès qui occupe terriblement son monde ; à ce que me mande M. Rousseau en s’excusant de n’être pas encore venu me voir. À tous j’ai fait valoir la retraite prochaine ; le malin B. [Blondel] a souri ; je ne sais si c’est de plaisir ou d’incrédulité, comme s’il eût imaginé que je voulusse lui présenter un appât. Je n’ai point fait valoir à M. Mt [Montaran] la perte de R.[2], parce qu’il observait comme tous les autres, lorsque j’établissais le désir de la chose sur ses privilèges qui adoucissaient la modicité de la fortune, la situation à tous égards, etc., que c’était une affaire dispendieuse dont les avantages en outre n’étaient pas si désirables ; puis, quant à certaines charges publiques, M. de Mt [Montaran] mettait en doute si la retraite avec titre d’inspecteur n’en mettait pas à l’abri comme elle vous y met lorsque vous êtes en place[3]. (Chose à éclaircir.)

  1. Des cartons, affaire se rattachant plus ou moins, semble-t-il, à celle de la machine pour laquelle Flesselles sollicitait un privilège.
  2. Peut-être la perte du poste de Rouen, sur lequel Roland avait plus ou moins comptén au moment de la retraite de Godinot, en 1779. — Voir Appendice D.
  3. Déclaration du Roi, du 3 novembre 1715 : « …Nous avons, par ces présentes, …exempté et exemptons tous les inspecteurs de manufactures de draps et de toiles de notre royaume, de la collecte, tutelle, curatelle, nomination à icelles, guet, garde, séquestre, garde-meubles et fruits, ou autre charges publiques, en-