Page:Roland Manon - Lettres (1780-1793).djvu/604

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184

[À BOSC, À PARIS[1].]
26 mars [1785, — de Villefranche].

Votre histoire de nez pointu m’impatiente ; il me semble que le mien ne l’est pas, et que, malheureusement peut-être, je pourrais au moins soutenir la concurrence avec tous les nez les plus effilés. Mais vous ne me répondez rien sur le portrait et les observations lavatériques que vous avez faites à son sujet ; je m’embarrasse bien, moi, de toute votre science sur les visages, si elle ne vous apprend rien sur le mien ! Or donc, répondez-moi, parlez franc et nous disputerons après, s’il y a lieu. Vous trouverez en Le M[onnier] un bon enfant, à qui vous souhaiterez peut-être plus d’énergie, et surtout plus de ce qui approche de la folie et de ce qui fait si bien pour son art. Je ne serais pas embarrassée de vous faire une bonne justification de mon retard à vous faire faire sa connaissance, car, dans l’état où vous vous montriez à moi, je pouvais craindre ce qui approche de l’importunité en accumulant les occasions de vous occuper de nous d’une manière trop particulière ; mais, en supposant que j’eusse en cela quelque tort, je consens de bon cœur à vous donner ce sujet de pardonner, afin de mettre entre nous une parfaite égalité.


185

[À BOSC, À PARIS[2].]
1er avril 1785, — de Villefranche.

Je n’avais dessein de vous écrire aujourd’hui, parce que je n’avais pas assez de loisir pour faire une longue causerie ; aussi je remets à une [autre] fois de vous entretenir du courant de notre correspondance : toute affaire cesse quand il est question d’obliger ses amis ; d’après cela, disposez-vous. Nous avons ici un parent et ami qui a la recette du tabac[3],

  1. Bosc, IV, 84 ; Dauban, II, 524.
  2. Collection Alfred Morrison, 2 vol.
  3. Préveraud de Pombreton. — La démarche n’aboutit pas.