Page:Rosny - La Guerre du feu.djvu/109

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— Naoh va chercher la trace de Gaw ! dit-il enfin. Il laissera le fils du Peuplier veiller sur le Feu. Nam n’aura pas de repos, il mouillera l’écorce lorsqu’elle sera trop chaude : il ne s’éloignera jamais plus longtemps qu’il ne faut pour aller jusqu’au fleuve et en revenir.

— Nam veillera sur le Feu comme sur sa propre vie ! répondit fortement le jeune Nomade.

Il ajouta avec fierté :

— Nam sait entretenir la flamme ! Sa mère le lui a enseigné lorsqu’il était aussi petit qu’un louveteau.

— C’est bien. Si Naoh n’est pas revenu quand le soleil sera à la hauteur des peupliers, Nam se réfugiera auprès des mammouths…, et si Naoh n’est pas revenu avant la fin du jour, Nam fuira seul vers le pays de chasse des Oulhamr.

Il s’éloigna ; toute sa chair vibrait de détresse, et maintes fois il se retourna vers la silhouette déclinante de Nam, vers la petite cage du Feu, dont il se figurait voir encore la faible lumière, alors qu’elle était déjà confondue avec le clair de lune.



VI

LA RECHERCHE DE GAW


Pour retrouver la piste de Gaw, il lui fallait retourner d’abord vers le camp des Dévoreurs d’Hommes. Il marchait plus lentement. Son épaule brûlait sous les feuilles de saule qu’il y avait pressées ; sa tête bourdonnait : il sentait une douleur à l’endroit où l’avait atteint la massue et il éprouvait une grande mélancolie à voir que, après la conquête du Feu, sa tâche demeurait aussi rude et aussi incertaine. Il arriva ainsi au tournant de la même