Page:Rosny - La force mystérieuse, 1914.djvu/119

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V

LA MORT FAUCHE


Il grelotta. La servante tragique aussi grelottait ; un froid subit pénétrait au tréfonds des chairs. Ce froid fut suivi d’une période de surexcitation et de peur. Une détresse intolérable pesait sur les nuques. La femme de chambre, Berthe, rôdait le long des murs, avec des allures de bête qui cherche une issue :

— La mort ! La mort ! La mort ! rauqua-t-elle.

Elle tourna sur elle-même, comme si elle avait reçu une balle dans le crâne, leva les bras dans un geste de suprême angoisse et brusquement roula sur le plancher. Langre et Meyral la relevèrent. Elle frémissait, avec de courts tressauts, ses joues se creusaient