Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/130

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


infranchissable ; il demeurait abîmé dans son désir :

« Je ne dois pas ! »

Pris au piège de ce commandement, il percevait de toutes parts des forces et des êtres qui ne voulaient pas qu’il possédât la petite Rose ; un individu sauvage clamait, plaintif et furieux, suppliant et révolté, tandis que l’individu social écoutait les lois et sanctionnait les morales. À vrai dire, celui-ci parut vaincu. Il concédait à l’autre que l’interdiction de posséder Rose était abusive et intolérable. Il n’aurait fait aucune défense, s’il avait été sûr que l’acte demeurerait inconnu ; mais il communiquait sa crainte au sauvage.

« Elle est femme ! affirmait le sauvage… Si je ne la cueille pas, un autre la cueillera !

« C’est une enfant ! » répondait l’autre…