Page:Rosny aîné - Le Cœur tendre et cruel, 1924.djvu/48

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tamment, il sursautait, pareil à un animal surpris au gîte. Et il remplissait terriblement la poitrine.

L’inquiétude de Georges comportait de la terreur, du mysticisme, du délire tendre, des exaltations de martyr et d’insupportables délices. Il y avait des moments où c’était si affreux de ne pas voir Marie, que le jeune homme se mettait à sangloter : il y en avait d’autres, si magnifiquement tristes, qu’il se prenait la poitrine à deux mains et remerciait confusément Quelqu’un : il y en avait de si doux qu’il fermait les yeux en balbutiant des litanies. Il était jaloux des amies de Marie, car elle n’avait pas d’amis, et il n’osait plus songer à Charles qui s’éloignait à une distance incommensurable et ne reviendrait pas avant longtemps. Dans sa dernière lettre, le sculpteur disait :