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LES NAVIGATEURS DE L’INFINI

décadence a cessé de les faire souffrir. À bas les colonisateurs terrestres !

— Ce qui doit être, sera, repartit flegmatiquement Antoine. En tout cas, l’heure, ni même le siècle, ne sont venus. Si l’homme devient un conquérant véritable de Mars, ce ne pourra être avant deux ou trois cents ans.

— Eh bien ! intervint Jean, je crois que cela ne sera pas. Il y a tout de même trop peu d’air et je ne vois pas une population entière affublée d’appareils respiratoires qui seraient insupportables à la longue.

— Insupportable ? Voire ! Je m’y faisais très bien naguère.

— Parce que nous passions la plus grande partie du temps dans le Stellarium. Mais pourquoi les colons ne feraient-ils par des habitations pourvues de condensateurs d’air ? La culture du sol, sur de larges espaces, ne prendrait qu’une part restreinte du temps des travailleurs.

— Les colons seraient donc essentiellement sédentaires ? demandai-je. Idéal peu tentant.

— Serait-il sensiblement différent de ce qui se passe sur Terre, pour la majorité des hommes ?

— Pas pour les enfants, ni pour une fraction respectable des adolescents. »

Nous nous arrêtâmes pour regarder une horde de bêtes qui paissait dans une grande clairière. Vous eussiez dit d’étranges serpents à pattes, cinq selon la norme, avec des têtes comparables à de grosses