Page:Rostand - Cyrano de Bergerac.djvu/52

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Toutes les femmes, sautant de joie.

Bravo ! — Vite, une mante ! — Un capuchon !


Jodelet.

Bravo ! — Vite, une mante ! — Un capuchon !Allons !


Cyrano, aux violons.

Vous nous jouerez un air, messieurs les violons !

(Les violons se joignent au cortège qui se forme. On s’empare des chandelles allumées de la rampe et on se les distribue. Cela devient une retraite aux flambeaux.)

Bravo ! des officiers, des femmes en costume,
Et vingt pas en avant…

(Il se place comme il dit.)

Et vingt pas en avant…Moi, tout seul, sous la plume
Que la gloire elle-même à ce feutre piqua,
Fier comme un Scipion triplement Nasica !…
– C’est compris ? Défendu de me prêter main-forte !
On y est ?… Un, deux, trois ! Portier, ouvre la porte !

(Le portier ouvre à deux battants. Un coin du vieux Paris pittoresque lunaire paraît.)

Ah !… Paris fuit, nocturne et quasi nébuleux ;
Le clair de lune coule aux pentes des toits bleus ;
Un cadre se prépare, exquis, pour cette scène ;
Là-bas, sous des vapeurs en écharpe, la Seine,
Comme un mystérieux et magique miroir,
Tremble… Et vous allez voir ce que vous allez voir !


Tous.

À la porte de Nesle !


Cyrano, debout sur le seuil.

À la porte de Nesle !À la porte de Nesle !

(Se retournant avant de sortir, à la soubrette.)

Ne demandiez-vous pas pourquoi, mademoiselle,
Contre ce seul rimeur cent hommes furent mis ?

(Il tire l’épée et, tranquillement.)

C’est parce qu’on savait qu’il est de mes amis !

(Il sort. Le cortège, — Lignière zigzaguant en tête, — puis les comédiennes aux bras des officiers, — puis les comédiens gambadant, — se met en marche dans la nuit au son des violons, et à la lueur falote des chandelles.)
Rideau