Page:Rostand - Un soir à Hernani, 1902.djvu/25

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Et qu’entre deux combats ce héros s’attendrit, —
Se trouver brusquement en route pour Madrid,
Et le front bourdonnant encor d’un bruit de bronze,
Comme si l’on avait rêvé mil-huit-cent-onze,
Paris, et les portraits de Napoléon Deux,
Se réveiller courant des chemins hasardeux
Où parfois, sur le bord d’un gouffre, au clair de lune,
On rencontre un courrier qui vient de Pampelune !



Je rêve les détails du voyage.



Je rêve les détails du voyage. Correct,
Cambré contre le fond capitonné d’Utrecht
Pour que sa redingote à brandebourgs l’épouse,
Et pour qu’elle rabatte à la mil-huit-cent-douze
Sur son buste bombé les épaulettes d’or,
— Ou pour cacher qu’au fond du carrosse il s’endort, —
L’aide de camp marquis du Saillant accompagne
La générale Hugo qui se rend en Espagne.



La générale Hugo n’est pas contente. Elle a
Horreur du vieux coucou que l’on rafistola
Et qui penche, guimbarde aux formes fantômales,
Sous des gibbosités de meubles et de malles.