Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/123

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nurent mon grand-père et son ami ! Le marquis d’Albergotti les reçut à bras ouverts et les amena dîner avec lui à la pension des officiers. Le goûter terminé, mon grand-père fut invité par le marquis à raconter toutes ses aventures, ainsi que celles de son compagnon de captivité, c’est-à-dire leur arrestation, leur séjour à la citadelle, leur évasion et la capture des trois soldats anglais qui furent faits prisonniers par deux prisonniers en rupture de ban.

« Le retour des deux héros donna lieu à une grande tête au fort et dans toute la paroisse des Ecureuils. Les vieux n’ont pas encore perdu le souvenir de ce jour mémorable.

— Je désirerais savoir, père Godin, ce que sont devenus ces deux braves.

— Après la prise du fort par le capitaine Fraser, les miliciens furent licenciés. Mon grand-père, qui aimait passionnément la pêche, se fit bâtir une maisonnette sur le bord du fleuve, à l’endroit où se trouvent les ruines du moulin du Diable, comme je le l’ai dit dans un autre entretien. L’année suivante, il se maria ; il eut un fils, qui fut mon père et qui s’appelait Jean ; moi, je m’appelle Jean, j’ai un gros garçon qui s’appelle Jean, et s’il a des enfants, garçons ou filles, je veux qu’ils s’appellent Jean ou Jean-Marie, en souvenir de mon grand-père Jean, ce brave des braves.

« Quant à Pierre Léveillé, il alla prendre une terre dans la seigneurie d’Esmeloyse, où il se maria.