Page:Rouleau - Légendes canadiennes tome II, 1930.djvu/66

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« Au lever du jour, toute la famille se rendit à l’église, pria le curé de dire une messe pour elle et promit de se corriger.

« Ces malheureuses victimes de l’intempérance changèrent de conduite et firent élever, quelques semaines plus tard, une croix ou plutôt un calvaire en face de leur demeure, sur le chemin du Roi.

« Les descendants de cette famille sont aujourd’hui de bons chrétiens. »

« Je vais remettre ma troisième histoire à un autre jour, car je crains de t’ennuyer.

— Non, continue ; toutes ces histoires du temps passé m’intéressent au suprême degré.

— Je me rends à ton désir, en laissant parler ma grand’mère. C’est un fait historique qu’elle va te remettre en mémoire.

« En 1853 et en 1854, un amusement venu on ne sait d’où s’introduisit dans la paroisse de Sainte-Anne de la Pocatière : faire tourner les tables et les faire parler. C’était devenu presque tous les soirs un passe-temps général ; vieux et jeunes, tous y prenaient part et croyaient au langage des tables tournantes. Cependant personne ne pensait que le diable fût au fond du sac. Si l’on constatait que la table avait dit la vérité, on y ajoutait foi. Il est tout pro-