Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/200

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Et son œil, éclairé par d’intimes clartés.
Contemple l’avenir dans ses obscurités ! —
 Des droits de mon esprit en vain la chair jalouse
Voudrait ravir mon cœur à sa mystique épouse !
D’un virginal hymen, qui ne peut s’accomplir,
Trompé par ma candeur, j’eus le calme désir ;
Dans ce monde, agité de passions chamelles,
Je crus pouvoir rêver des amours éternelles :
Sur ce rêve enfantin descendit un éclair,
Et l’éclair foudroyant purifia ma chair ; —
Je vis, à sa clarté, d’autres cieux m’apparaître ;
Un Ange me guida vers l’autel… Je suis prêtre !…
Ainsi que d’un linceul, de l’aube revêtu,
L’Esprit m’enveloppa de toute sa vertu ;
Et combattant pour Dieu, dans un monde de fange,
Je dois garder toujours la pureté de l’Ange !