Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/280

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Le Peuple, en déléguant ce céleste Pouvoir,
L’environne d’amour et l’aide à se mouvoir,
Dans le cercle tracé par la Règle suprême ;
Ce pouvoir qu’il délègue, il le respecte et l’aime !
Tout Pouvoir vient du ciel et doit être soumis
Aux éternelles lois qui lui servent d’appuis :
Mais, parmi les pouvoirs, — royal ou populaire, —
Domine en souverain le Pouvoir du Saint-Père ;
C’est le double Pouvoir, — divin et temporel, —
Tenant les saintes clés de la terre et du ciel ;
C’est le Pouvoir central de la Hiérarchie,
Des Souverainetés, c’est la Suprématie !
Sans ce Pouvoir divin, central, universel,
Soutenu par l’espoir de son Règne éternel,
Tout Pouvoir de la terre, inconstant et mobile,
N’a pour se reposer qu’une base fragile !
Oui, du Pouvoir divin, oui, de l’Autorité,
Le seul Palladium est dans la Papauté !
Visible à tous les yeux, c’est elle qui rayonne
De l’immortel éclat dont le ciel l’environne ;
C’est elle qui survit, sur l’immobile roc,
Aux trônes s’écroulant à chaque nouveau choc ;
C’est elle qui reluit, tranquille et souveraine,
En son amour immense et sa force sereine !
Le Pape est entouré d’augustes Cardinaux ;
Il éclaire ses pas des plus ardents flambeaux ;
L’Orbe de son pouvoir, c’est l’orbe de l’Église ;
Chaque Bref de sa main au ciel se légalise ;
D’un nimbe de clartés son front est toujours ceint ;
Le Pape est inspiré, guidé par l’Esprit-Saint ;
Du Dogme Catholique infaillible Interprète,
Quand sa voix a parlé, toute voix est muette ;
Et chaque Évêque, élu par le Pontife-Roi ;
Lié par un serment, obéit à la Loi ;
Fidèle observateur de cette Loi divine,
Des canons de l’Église et de la discipline,
Le Prêtre, en le voyant toujours obéissant,
De sa fidélité suit l’exemple puissant :
Ainsi, tout dans l’Église, avec ordre et mesure,
Observant de Dieu seul la Règle claire et sûre,
Dans la soumission trouve la liberté,
Et n’obéit qu’à Dieu, source d’Autorité !
 L’Autorité, c’est Dieu, c’est la Règle divine,
C’est du Pouvoir Papal la sainte discipline :
Se soumettre et s’astreindre, obéir, c’est régner ;
Le plus libre est celui qui sait se résigner ;
L’âme, en obéissant, est vraiment affranchie ;
L’amour habite en elle, ainsi que l’harmonie !
Heureux l’homme qui sait avec joie obéir : —
Obéir, c’est régner ; commander, c’est servir !