Page:Rouquette - L'Antoniade, 1860.djvu/284

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SUR LA MORT DE MONSEIGNEUR L’ARCHEVÊQUE
ANTOINE BLANC.

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Lorsque, sur la montagne, un arbre séculaire,
Dans un jour orageux, frappé par le tonnerre,
Couvre la terre en deuil de ses vastes, débris,
Les oiseaux dispersés cherchent en vain leurs nids…

 L’Archevêque n’est plus !… La Louisiane est veuve !…
Le deuil a tout voilé, du grand lac au grand fleuve !…
L’Archevêque n’est plus !… La Nouvelle-Orléans,
A pleurer, à prier, invite ses enfants !…
L’Archevêque n’est plus !… Après de saintes luttes,
Des combats glorieux, d’orageuses disputes,
Après de longs travaux, — il tombe sous le poids
Du fardeau des honneurs, du fardeau de la croix !
Pour le Ciel, il échange et la Crosse et la Mitre,
L’Anneau, le Pallium, tout pouvoir et tout titre,
Oui, tout ce long martyre et noble apostolat,
Que, dans la langue humaine, on nomme « Épiscopat ! »
Le doux Antoine Blanc, l’Ange du Diocèse,
Le vigilant Pasteur… oh ! que ma voix se taise ;
Car il est ici-bas de si grandes douleurs,
Qu’en silence l’amour doit répandre ses pleurs !…
Celui qui m’aimait tant, mon père sur la terre ;
Celui qui m’a connu, mon doux et tendre père ;
Celui qui m’a béni, — l’Archevêque n’est plus :
Un nouvel Astre a lui dans le ciel des élus !…

 Lorsque, sur la montagne, un arbre séculaire,
Dans un jour orageux, frappé par le tonnerre,
Couvre la terre en deuil de ses vastes débris,
Les oiseaux dispersés cherchent en vain leurs nids !