Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/151

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chaque éclaircissement qu’il cherchoit, l’environner. de souterrains & de piégés tellement tendus que chacun de ses pas fut nécessairement une chute, enfin le circonvenir avec tant d’adresse qu’en butte aux insultes de tout le monde il ne pût jamais savoir la raison le rien, apprendre un seul. mot de vérité, repousser aucun outrage, obtenir aucune explication, trouver saisir aucun agresseur, & qu’à chaque instant atteint des plus cruelles morsures il sentit dans ceux qui l’entourent la flexibilité des serpens aussi bien que leur venin.

Vous avez fonde le système qu’on suit à son égard sûr des devoirs dont je n’ai nulle idée, sûr des vertus qui me sont horreur, sûr des principes qui renversent dans mon esprit tous ceux de la justice & de la morale. Figurez-vous des gens qui commencent par se mettre chacun un bon masque bien attache, qui s’arment de fer jusqu’aux dents, qui surprennent ensuite leur ennemi, le saisissent par derrière, le mettent nud, lui lient le corps les bras les mains les pieds la tête de façon qu’il ne puisse remuer, lui mettent un bâillon dans la bouche, lui crèvent les yeux, l’étendent à terre, & passent enfin leur noble vie à le massacrer doucement de peur que mourant de ses blessures il ne cessé trop tôt de les sentir. Voila les gens que vous voulez que j’admire. Rappellez, Monsieur, votre équité votre droiture, & sentez en votre conscience quelle sorte d’admiration je puis avoir pour eux. Vous m’avez prouve j’en conviens autant que cela se pouvoit par la méthode que vous avez suivie que l’homme ainsi terrasse est un monstre abominable ; mais quand cela seroit aussi vrai que difficile à croire, l’auteur & les directeurs du projet qui s’exécute à son