Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/22

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cette position, ajustée autant qu’il m’étoit possible aux manœuvres dont je me suis vu l’objet, aux allures que j’ai entrevues, aux propos mystérieux que j’ai pu saisir çà & là, d’examiner quelle conduite de leur part eût, été la plus raisonnable & la plus juste. Epuiser tout ce qui se pouvoit dire en leur faveur étoit le seul moyen que j’eusse de trouver ce qu’ils disent en effet, & c’est ce que j’taché de faire, en mettant de leur coté tout ce que j’y ai pu mettre de motifs plausibles & d’argumens spécieux, & cumulant contre moi toutes les charges imaginables. Malgré tout cela, j’ai souvent rougi, je l’avoue, des raisons que j’étois forcé de leur prêter. Si j’en avois trouvé de meilleures, je les aurois employées de tout mon cœur & de toute ma forcé, & cela avec d’autant moins de peine qu’il me paroît certain qu’aucune n’auroit pu tenir contre mes réponses ; parce que celles-ci dérivent immédiatement des premiers principes de la justice, des premiers élémens du bon sens & qu’elles sont applicables à tous les cas possibles d’une situation pareille à celle où je suis.

La forme du dialogue m’ayant paru la plus propre à discuter le pour & le contre, je l’ai choisie pour cette raison. J’ai pris la liberté de reprendre dans ces entretiens mon nom de famille que le public a juge à propos de m’ôter, & je me suis désigné en tiers à son exemple par celui de baptême auquel il lui a plu de me réduire. En prenant un François pour mon autre interlocuteur, je n’ai rien fait que d’honnête & d’obligeant pour le nom qu’il porte ; puisque je me suis abstenu de le rendre complice d’une conduite que je désapprouve, &