Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/430

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Vous devez sentir par ces exemples que de quelque façon qu’il s’y prenne, & dans aucun tems, il ne peut raisonnablement espérer que la vérité perce à son égard à travers les filets tendus autour de lui & dans lesquels en s’y débattant il ne fait que s’enlacer davantage. Tout ce qui lui arrive est trop hors de l’ordre commun des choses pour pouvoir jamais être cru, & ses protestations mêmes ne seront qu’attirer sur lui les reproches d’impudence & de mensonge que méritent ses ennemis.

Donnez à J. J. un conseil ; le meilleur peut-être qui lui reste à suivre, environne comme il est d’embûches & de piégés ou chaque pas ne peut manquer de l’attirer : c’est de rester, s’il se peut, immobile, de ne point agir du tout,*

[* Il ne m’est pas permis de suivre ce conseil en ce qui regarde la juste défense de mon honneur. Je dois jusqu’à la fin faire tout ce qui dépend de moi, sinon pour ouvrir les yeux à cette aveugle génération, du moins pour en éclairer une plus équitable. Tous les moyens pour cela me sont ôtes, je le sais ; mais sans aucun espoir de succès tous les efforts possibles quoiqu’inutiles n’en sont pas moins dans mon devoir, & je ne cesserai de les faire jusqu’à mon dernier soupir. Fay ce que doy, arrive que pourra.] de n’acquiescer à rien de ce qu’on lui propose sous quelque prétexte que ce soit, & de resister même à ses propres mouvemens tant qu’il peut s’abstenir de les suivre. Sous quelque face avantageuse qu’une chose à faire ou à dire se présente à son esprit ;