Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/446

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a y concourir, puisque vous le pouvez faire sans risque & que vous avez vu de plus près des multitudes de faits qui peuvent éclairer ceux qui voudront un jour examiner cette affaire. Nous pouvons à loisir & sans bruit faire nos recherches, les recueillir, y joindre nos réflexions, & reprenant autant qu’il se peut la trace de toutes ces manœuvres dont nous découvrons déjà les vestiges, fournir à ceux qui viendront après nous un fil qui les guide & dans ce labyrinthe. Si nous pouvions conférer avec J. J. sur tout cela, je ne doute point que nous ne tirassions de lui beaucoup de lumieres qui resteront à jamais éteintes, & que nous ne fussions surpris nous-mêmes de la facilite avec laquelle quelques mots de sa part expliqueroient des énigmes qui sans cela demeureront peut-être impénétrables par l’adresse de ses ennemis. Souvent dans mes entretiens avec lui j’en ai reçu de son propre mouvement des éclaircissemens inattendus sur des objets que j’avois vus bien differens, faute d’une circonstance que je n’avois pu deviner & qui leur donnoit un tout autre aspect. Mais, gêne par mes engagemens & force de supprimer mes objections, je me suis souvent refuse malgré moi aux solutions qu’il sembloit m’offrir, pour ne pas paroître instruit de ce que j’étois contraint de lui taire.

Si nous nous unissons pour former avec lui une société sincere & sans fraude, une fois sur de notre droiture & d’être estime de nous, il nous ouvrira son cœur sans peine, & recevant dans les nôtres le épanchemens auxquels il est naturellement si dispose, nous en pourrons tirer de quoi former de précieux mémoires dont d’autres générations sentiront la valeur, & qui du moins les mettront à portée de discuter