Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/47

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& de grand nombre d’autres dans ce Dictionnaire, & qui surement ne sont pilles de personne, soient l’ouvrage d’un ignorant en musique qui parle de ce qu’il n’entend point, ni qu’un livre dans lequel on peut apprendre la composition soit l’ouvrage de quelqu’un qui ne la savoit pas.

Il est vrai que plusieurs autres articles également importans sont restes seulement indiques pour ne pas laisser le vocabulaire imparfait, comme il en avertit dans sa préface. Mais seroit-il raisonnable de le juger sûr les articles qu’il n’a pas eu le tems de faire plutôt que sûr ceux ou il a mis la derniere main & qui demandoient assurément autant de savoir que les autres ? L’auteur convient il avertit même de ce qui manque à son livre & il dit la raison de ce défaut. Mais tel qu’il est, il seroit cent fois plus croyable encore qu’un homme qui ne sait pas la musique eût fait le Devin que le Dictionnaire. Car combien ne voit-on pas, sûr-tout en Suisse & en Allemagne de gens qui ne sachant par une note de musique & guides uniquement par leur oreille & leur goût ne laissent pas de composer des choses très-agréables & même très-régulières, quoiqu’ils n’aient nulle connoissance des regles & qu’ils ne puissent déposer leurs compositions que dans leur mémoire. Mais il est absurde de penser qu’un homme puisse enseigner & même éclaircir dans un