Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t11.djvu/89

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C’étoit à qui le féteroit, à qui l’auroit à dîner, à qui lui offriroit des retraites, à qui renchérirai d’empressement pour obtenir la préférence. On eût dit à l’ardeur qu’on avoit pour l’attirer, que rien n’étoit plus honorable plus glorieux que de l’avoir pour hôte, & cela dans tous les états sans en excepter les Grands & les Princes, & mon Ours n’étoit pas content !

Rousseau.

Il avoit tort, mais il devoit être bien surpris ! Ces Grands-la ne pensoient pas, sans doute, comme ce Seigneur Espagnol dont vous savez la réponse à Charles-quint qui lui demandoit un de ses châteaux pour y loger le Connétable de Bourbon.*

[*On a dit-on rendu inhabitable le château de Trye depuis que j’y ai loge. Si cette opération a rapport à moi, elle n’est pas conséquente à l’empressement qui m’y avoit attire, ni à celui avec lequel on engageoit M. le Prince de Ligne à m’offrir dans le même tems un asyle charmant dans ses terres par une belle lettre qu’un eût même grand soin de faire courir dans tout Paris.]

Le François.

Le cas est bien différent : vous oubliez qu’ici bonne œuvre.

Rousseau.

Pourquoi ne voulez-vous pas que l’hospitalité envers le connétable fut une aussi bonne œuvre que l’asyle offert à un scélérat ?

Le François.

Eh vous ne voulez pas m’entendre ! Le Connétable savoit bien qu’il étoit rebelle à son Prince.