Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/136

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la ressource & la consolation de ceux qui sont dans l’adversité ; il fait nos délices à la maison, ne nous embarrasse point quand nous sommes dehors, passe la nuit avec nous, & ne nous quitte point en voyage, à campagne." *

[* Quod si non hic tantus fructus ostenderetur, & si ex studiis delectatio sola peteretur : tamen, ut opinor, hanc animi remissionem humanissiman & liberalissiman judicaretis ; nam caeterae neque temporum sunt, neque temporum sunt, neque aetatum omnium, neque locorum. Haec studia adolescentiam alunt, senectutem oblectant, secundas res ornant, adversis perfugium ac solatium praebent, delectant domi, non impediunt foris, pernoctant nobiscum, peregrinantur, rusticantur. Cicero, pro Arc. Poet. p. 12]

Voilà la premiere & pourtant la moindre utilité des Sciences ; point d’oisiveté, point d’ennui, un plaisir doux & tranquille, mais perpétuel ; je dis que c’est-là leur moindre utilité car celle-ci ne regarde que celui qui s’y applique, & nous avons fait voir que les Sciences sont l’ame de tous les Arts utiles à la société, & qu’ainsi le savant le plus contemplatif en apparence est occupé du bien public.

Répondez-moi donc, — moins florissans ou plus pervers ? Oui, sans doute. L’astronomie cultivée par les Géometre rend la géographie & la navigation plus sures ; on tire des insectes des secrets pour les arts, pour nos besoins. L’anatomie des animaux nous conduit à une plus parfaite connoissance du corps humain, & par conséquent à des principe plus sûrs pour le guérir ou pour le conserver en santé. La science de la physique & de la morale fait que nous sommes mieux gouvernés & moins pervers, & l’harmonie d’un gouvernement