Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/260

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le faste des pensées ; le zele des maximes antiques avec la fureur d’établir des nouveautés, l’obscurité de la retraite avec le desir d’être connu de tout le monde ; on l’a vu invectiver contre les sciences qu’il cultivoit ; préconiser l’excellence de l’Evangile, dont il détruisoit les dogmes ; peindre le beauté des vertus qu’il éteignoit dans l’ame de ses Lecteurs. Il s’est fait le précepteur du genre-humain pour le tromper, le moniteur public pour égarer tout le monde, l’oracle du siecle pour achever de le perdre. Dans un ouvrage sur l’inégalité des conditions, il avoit abaissé l’homme jusqu’au rang des bêtes ; dans une autre production plus récente, il avoit insinué le poison de la volupté en paroissant le proscrire : dans celui-ci, il s’empare des premiers momens de l’homme, afin d’établir l’empire de l’irréligion.

II. Quelle entreprise, M. T. C. F. ! L’éducation de la jeunesse est un des objets les plus importans de la sollicitude & du zele des Pasteurs. Nous savons que, pour réformer le monde, autant que le permettent la foiblesse & la corruption de notre nature, il suffiroit d’observer sous la direction & l’impression de la grace les premiers rayons de la raison humaine, de les saisir avec soin & de les diriger vers la route qui conduit à la vérité. Par-là ces esprits, encore exempts de préjugés, seroient pour toujours en garde contre l’erreur ; ces cœurs encore exempts de grandes passions, prendroient les impressions de toutes les vertus. Mais à qui convient-il mieux qu’a nous & à nos coopérateurs dans le saint Ministere, de veiller ainsi sur les premiers momens de la jeunesse chrétienne ; de lui distribuer le lait spirituel de la Religion, afin qu’il croisse