Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/297

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au peu de fertilité du terroir, à forcé de soin &de travail.

Toutes les maisons sont bâties de pierre, ce qui prévient très-souvent les incendies, auxquelles on apporte d’ailleurs un prompt remede, par le bel ordre établi pour les éteindre.

Les Hôpitaux ne sont point à Geneve, comme ailleurs, une simple retraite pour les pauvres malades & infirmes : on y exerce l’hospitalité envers les pauvres passans ; mais sur-tout on en tire une multitude de petites pensions qu’on distribue aux pauvres familles, pour les aider à vivre sans se déplacer, & sans renoncer à leur travail. Les Hôpitaux dépensent par an plus du triple de leur revenu, tant les aumônes de toute espece sont abondantes.

II nous reste à parler de la religion de Geneve : c’est la partie de cet article qui intéresse peut-être le plus les Philosophes. Nous allons donc entrer dans ce détail ; mais nous prions nos lecteurs de se souvenir que nous ne sommes ici qu’historiens, & non controversistes. Nos articles de théologie sont destinés à servir d’antidote à celui-ci, & raconter n’est pas approuver. Nous renvoyons donc nos lecteurs aux mots EUCHARISTIE, ENFER, FOI,CHRISTIANISME, pour les prémunir d’avance contre ce que nous allons dire.

La constitution ecclésiastique de Geneve est purement prèsbytérienne ; point d’Evêques, encore moins de Chanoines ce n’est pas qu’on désapprouve l’Episcopat ; mais comme on ne le croit pas de droit divin, on a pensé que des Pasteurs moins riches & moins importans que des Evêques, convenoient mieux à une petite République.

Les Ministres sont ou Pasteurs, comme nos Curés, ou