Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/536

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passer la saison de l’herborisation que j’avois en vue, j’ai préféré dans cette occasion le plaisir de vous servir à l’honneur de vous répondre. Je suis donc parti avec quelques amateurs pour aller sur le mont Pila à douze ou quinze lieues d’ici dans l’espoir, Madame la duchesse, d’y trouver quelques plantes ou quelques graines, qui méritassent de trouver place dans votre herbier ou dans vos jardins. Je n’ai pas eu le bonheur de remplir à mon gré mon attente. Il étoit trop tard pour les fleurs & pour les graines ; la pluie & d’autres accidens nous ayant sans cesse contrariés, m’ont fait faire un voyage aussi peu utile qu’agréable, & je n’ai presque rien rapporté. Voici pourtant, Madame la duchesse, une note des débris de ma chétive collecte. C’est une courte liste des plantes dont j’ai pu conserves :quelque chose en nature, & j’ai ajouté une étoile à chacune de celles dont j’ai recueilli quelques graines, la plupart en bien petite quantité. Si parmi les plantes ou parmi les graines il se trouve quelque chose ou le tout qui puisse vous agréer, daignez, Madame, m’honorer de vos ordres, & me marquer à qui je pourrois envoyer le paquet, soit à Lyon soit à Paris, pour vous le faire parvenir. Je tiens prêt le tout pour partir immédiatement après la réception de votre note. Mais je crains bien qu’il ne se trouve rien là digne d’y entrer, & que je ne continue d’être à votre égard un serviteur inutile malgré son zele.

J’ai la mortification de ne pouvoir quant à présent vous envoyer, Madame la duchesse, de la graine de Gentiana filiformes, la plante étant très-petite, très-fugitive, difficile à remarquer pour les yeux qui ne sont pas botanistes ; un curé