Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t13.djvu/80

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de son orgueil. Le vrai Philosophe s’enveloppe dans sa modestie, & pour faire valoir les qualités des autres, il n’hésite pas à cacher l’éclat des siennes. D’un commerce aussi sur qu’utile, il ne cherche dans les fautes que le moyen de les excuser, & dans la conversation que celui d’associer les autres à son propre mérite. Il sait qu’un des plus solides appuis de la justice que nous nous flattons d’obtenir, est celle que nous rendons au mérite d’autrui ; & quand il l’ignoreroit, il ne monteroit pas sa conduite sur des principes différens de ceux que nous venons d’exposer : persuadé que le cœur fait l’homme ; l’indulgence, les vrais amis ; la modestie, des citoyens aimables. Je sais bien, que par ces traits je ne rends pas tout le mérite du Philosophe & sur-tout du Philosophe Chrétien ; mon dessein a été seulement d’en donner une légere esquisse.