Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/541

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Cela est impossible, Monsieur ; car ce n’est certainement pas à vous qu’il l’a confiée. Quel seroit donc l’être détestable, qui, après avoir marqué à Jean-Jaques assez d’attachement pour gagner sa confiance, au point d’en obtenir un si précieux dépôt, auroit eu l’infamie de vous le livrer ; à vous, l’ennemi personnel de Jean-Jaques, ou (ce qui est plus honteux encore) le vil complaisant de ses ennemis ? Il n’y a peut-être qu’un seul homme capable d’une si monstrueuse trahison ; & il est physiquement impossible que cet homme-là s’en soit rendu coupable. Vous m’entendez......Non, Monsieur, je le répète, vous n’avez point une vie de Rousseau, faite par lui, & écrite de sa main : je nie ce sait aussi hardiment que si je vous avois suivi depuis le berceau jusqu’à cette heure. Vous pouvez avoir, tout au plus, quelques lettres adressées par Rousseau, à quelqu’un de recommandable, que la reconnoissance l’aura porté à informer du détail de ses premieres années. Si vous en avez, Dieu sait par quelles voies ! Vous n’espérez pas, je pense, qu’on les suppose honnêtes, vu l’usage & le mystere que vous faites de ces intéressantes lettres : si vous les aviez eues par des moyens que vous osassiez avouer, vous auriez recherché les respectables Editeurs des ouvrages de ce grand homme ; vous auriez desiré qu’elles fussent insérées dans la superbe collection qu’ils ont entreprise ; vous auriez senti que votre nom étoit digne de figurer à côté de ceux des gens estimables qui ont enrichi cette collection, de ce dont leur bonne fortune les avoit rendus possesseurs. Voilà ce que l’honneur vous auroit engagé à faire ; comparez le à ce que vous avez fait. Au reste, si vous avez quelques lettres de la main