Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t15.djvu/570

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MON DERNIER MOT,* OU Réponse à la Lettre que M. D. L. B. a adressée à M. l’Abbé Roussier, en tête du Supplément à l’Essai sur la Musique. Par l’Auteur de l’Errata de l’Essai sur la Musique.

[*Lorsque dans l’introduction que j’ai mise à la tête de ce recueil, j’ai donné à la précédente lettre le titre de derniere, je me flattois qu’il lui conviendroit toujours. Il y avoit huit mois que l’Errata de l’Essai sur la musique avoit paru ; & personne ne parloit encore du Supplément à cet Essai, dont la premiere, & la seule remarquable partie, est la lettre de M. D. L. B. à M. l’Abbé Roussier. Enfin ce Supplément m’est parvenu vers le mois d’Octobre 1781 ; & j’y ai répondu ; voulant avoir pour M. D. L. B. la déférence de le laisser se taire le premier ; puisque c’est ce que nous faisons le mieux l’un & l’autre.]

Je suis, Monsieur, la douce & gentille Dame anonyme en faveur de laquelle votre mépris a emprunté le style de la rage. C’est moi qui, dites vous, vous injurie à chaque phrase de mon libelle*

[*Je savois bien qu’il y avoit des libelles anonymes, comme par exemple l’Essai sur la musique : mais je ne savois pas qu’on pût appeller libelle quoique ce fût adressé à un anonyme.] par un amour effréné pour la réputation de Jean-Jaques. J’avoue que je vous ai un peu maltraité. Si j’avois su positivement qui vous étiez, sans mettre de frein à mon amour pour la réputation de Jean-Jaques, sentiment qui ne peut aller trop loin, attendu son principe, sa nature, & son objet, sans doute, j’aurois adouci les couleurs que j’ai employées à peindre votre caractere. Mais vous n’aviez point mis