Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/128

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car j’en ai eu cinq en tout. Cet arrangement me parut si bon, si sensé, si légitime, que si je ne m’en vantai pas ouvertement, ce fut uniquement par égard pour la mère ; mais je le dis à tous ceux à qui j’avois déclaré nos liaisons ; je le dis à Diderot, à G[...], je l’appris dans la suite à Mde. D’

[Epina] y & dans la suite encore à Mde. de L

[uxembour] g & cela librement, franchement, sans aucune espèce de nécessité & pouvant aisément le cacher à tout le monde ; car la Gouin étoit une honnête femme, très discrète & sur laquelle je comptois parfaitement. Le seul de mes amis à qui j’eus quelque intérêt de m’ouvrir fut le médecin Thierry, qui soigna ma pauvre tante dans une de ses couches où elle se trouva fort mal. En un mot, je ne mis aucun mystère à ma conduite, non seulement parce que je n’ai jamais rien sçu cacher à mes amis, mais parce qu’en effet je n’y voyois aucun mal. Tout pesé, je choisis pour mes enfans le mieux, ou ce que je crus l’être. J’aurois voulu, je voudrois encore avoir été élevé & nourri comme ils l’ont été.

Tandis que je faisois ainsi mes confidences, Mde. le Vasseur les faisoit aussi de son côté, mais dans des vues moins désintéressées. Je les avois introduites, elle & sa fille, chez Mde. D[...]n, qui, par amitié pour moi, avoit mille bontés pour elles. La mere la mit dans le secret de sa fille. Mde. D[...]n, qui est bonne & généreuse & à qui elle ne disoit pas combien, malgré la modicité de mes ressources, j’étois attentif à pourvoir à tout, y pourvoyoit de son côté avec une libéralité que, par l’ordre de la mère, la fille m’a