Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t16.djvu/271

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secours de Montmorency, que j’avois à ma porte, & comme s’il n’y avoit des vieillards qu’à Paris, & que partout ailleurs ils fussent hors d’état de vivre. Mde. le Vasseur qui mangeoit beaucoup & avec une extrême voracité, étoit sujette à des débordemens de bile & à de fortes diarrhées, qui lui duroient quelques jours & lui servoient de remède. À Paris, elle n’y faisoit jamais rien, & laissoit agir la nature. Elle en usoit de même à l’Hermitage, sachant bien qu’il n’y avoit rien de mieux à faire. N’importe, parce qu’il n’y avoit pas des médecins & des apothicaires à la campagne, c’étoit vouloir sa mort que de l’y laisser, quoiqu’elle s’y portât très-bien. Diderot auroit dû déterminer à quel âge il n’est plus permis, sous peine d’homicide, de laisser vivre les vieilles gens hors de Paris.

C’étoit là une des deux accusations atroces sur lesquelles il ne m’exceptoit pas de sa sentence : qu’il n’y avoit que le méchant qui fût seul, & c’étoit ce que signifioit son exclamation pathétique & l’et coetera qu’il y avoit bénignement ajouté : Une femme de quatre-vingts ans ! etc.

Je crus ne pouvoir mieux répondre à ce reproche qu’en m’en rapportant à Mde. le Vasseur elle-même. Je la priai d’écrire naturellement son sentiment à Mde. D’

[Epina] y. Pour la mettre plus à son aise, je ne voulus point voir sa lettre & je lui montrai celle que je vais transcrire & que j’écrivois à Mde. D’

[Epina] y, au sujet d’une réponse que j’avois voulu faire à une autre lettre de Diderot encore plus dure & qu’elle m’avoit empêché d’envoyer.

Le Jeudi.

"Mde. le Vasseur doit vous écrire, ma bonne amie ; je