Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/174

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personnes estimables & respectables, les seuls vrais amis que j’ai jamais eus, & qui surement deviendroient aussi les vôtres. En attendant, je n’épargne rien pour vous abréger du travail. Le peu de momens où mon état me permet de m’occuper, sont uniquement employés à mettre au net mes chiffons ; & depuis ma lettre, je n’ai pas laisse d’avancer assez la besogne pour espérer de l’achever, à moins de nouveaux accidens.

Connoissez -vous un M. Mollet, dont je n’ai jamais entendu parler ? Il m’écrivit y a quelque temps une espèce de relation d’une fête militaire, laquelle me fit grand plaisir, & je l’en remerciai. Il est parti de là pour faire imprimer, sans m’en parler, non-seulement sa lettre, mais ma réponse, qui n’étoit surement pas faite pour paroître en public. J’ai quelquefois essuyé de pareilles malhonnêtetés, mais ce qui me fâche est que celle -ci vienne de Genève. Cela m’apprendra une fois pour toutes à ne plus écrire à gens que je ne connois point.

Voici, Monsieur, deux lettres dont je grossis à regret celle-ci, l’une est pour M. Roustan, dont vous avez bien voulu m’en faire parvenir une, & l’autre pour une bonne femme qui m’a élevé, & pour laquelle je crois que vous ne regretterez pas l’augmentation d’un port de lettre, que je ne veux pas lui faire coûter, & que je ne puis affranchir avec sûreté à Montmorenci. Lisez dans mon cœur, cher M.....u, le principe de la familiarité dont j’use avec vous, & qui seroit indiscrétion pour un autre ; le vôtre ne lui donnera pas ce nom -là. Mille choses pour moi à l’ami Vernes, Adieu, je vous embrasse tendrement.