Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/445

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il est vrai que j’ai cherché à me défaire de mes livres de botanique & même de mon herbier. Cependant comme l’herbier est un présent, quoique non tout-à-fait gratuit, je ne m’en déferai qu’à la dernière extrémité, & mon intention est de le laisser, si je puis, à celui qui me l’a donné, augmenté de plus de trois cent plantes que j’y ai ajoutées.

FRAGMENT trouvé parmi les papiers de J. J. Rousseau, à la suite de ce recueil de lettres.

Quiconque, sans urgente nécessité, sans affaires indispensables, recherche & même jusqu’à l’importunité un homme dont il pense mal, sans vouloir s’éclaircir avec lui de la justice ou de l’injustice du jugement qu’il en porte, soit qu’il se trompe ou non dans ce jugement, est lui - même un homme dont il faut mal penser.

Cajoler un homme présent, & le diffamer absent est certainement la duplicité d’un traître & vraisemblablement la manœuvre d’un imposteur.

Dire en se cachant d’un homme pour le diffamer, que c’est par ménagement pour lui qu’on ne veut pas le confondre, c’est faire un mensonge non moins inepte que lâche. La diffamation étant le pire des maux civils & celui dont les effets sont les plus terribles, s’il étoit vrai qu’on voulût ménager cet homme, on le confondroit, on le menaceroit peut-être de le diffamer, mais on n’en seroit rien. On lui reprocheroit son crime en particulier en le cachant à tout le monde : mais le dire à tout le monde en le cachant à lui