Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t17.djvu/84

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& je mis à mes exhortations toute la force dont j’étois capable : elles furent écoutées. Il rentra dans son devoir vis-à-vis de sa mère, & il retira des mains de son colonel sa démission qu’il lui avoit donnée, & dont celui-ci avoit eu la prudence de ne faire aucun usage, pour lui laisser le tems d’y mieux réfléchir. St. B

[risso] n, revenu de ses folies, en fit une un peu moins choquante, mais qui n’étoit guère plus de mon goût : ce fut de se faire auteur. Il donna coup sur coup deux ou trois brochures qui n’annonçoient pas un homme sans talents, mais sur lesquelles je n’aurai pas à me reprocher de lui avoir donné des éloges bien encourageans pour poursuivre cette carrière.

Quelque temps après il me vint voir, & nous fîmes ensemble le pèlerinage de l’isle de St. Pierre. Je le trouvai dans ce voyage différent de ce que je l’avois vu à Montmorency. Il avoit je ne sais quoi d’affecté, qui d’abord ne me choqua pas beaucoup, mais qui m’est revenu souvent en mémoire depuis ce temps-là. Il me vint voir encore une fois à l’hôtel de St. Simon, à mon passage à Paris pour aller en Angleterre. J’appris là (ce qu’il ne m’avoit pas dit) qu’il vivoit dans les grandes sociétés, & qu’il voyoit assez souvent Mde. de Luxembourg. Il ne me donna aucun signe de vie à Trie, & ne me fit rien dire par sa parente Mlle. Séguier, qui étoit ma voisine, & qui ne m’a jamais paru bien favorablement disposée pour moi. En un mot, l’engouement de M. de St. B

[risso] n finit tout d’un coup, comme la liaison de M. de Feins : mais celui-ci ne me devoit rien, & l’autre me devoit quelque chose ; à moins que les sottises