Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t3.djvu/76

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convient pas non plus.Pourquoi donc ? s’écria-t-elle d’un air alarmé.C’est qu’il est trop étourdi pour toi.Oh ! maman, n’est-ce que cela ? Je le rendrai sage.& si par malheur il te rendoit folle ?Ah ! ma bonne maman, que j’aimerois à vous ressembler !Me ressembler, impertinente ?Oui, maman : vous dites toute la journée que vous êtes folle de moi ; eh bien ! moi, je serai folle de lui : voilà tout. Je sais que tu n’approuves pas ce joli caquet & que tu sauras bientôt le modérer. Je ne veux pas non plus le justifier, quoiqu’il m’enchante, mais te montrer seulement que ta fille aime déjà bien son petit mali & que, s’il a deux ans de moins qu’elle, elle ne sera pas indigne de l’autorité que lui donne le droit d’aînesse. Aussi bien je vois, par l’opposition de ton exemple & du mien à celui de ta pauvre mere, que, quand la femme gouverne, la maison n’en vas pas plus mal. Adieu, ma bien-aimée ; adieu, ma chére inséparable ; compte que le tems approche & que les vendanges ne se feront pas sans moi.