Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/202

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pas plus les soumettre à la mienne que me soumettre à la leur. La regle est commune, & claire en ce qui importe ; la raison qui l’explique est particuliere, & chacun a la sienne, qui ne fait autorité que pour lui. Se laisser mener par autrui sur cette matiere, c’est substituer l’explication au texte, c’est se soumettre aux hommes & non pas à Dieu.

Je reprends mon raisonnement ; &, après avoir établi que le miracles ne sont pas un signe nécessaire à la foi, je vais montrer, en confirmation de cela, que les miracles ne sont pas un signe infaillible, & dont les hommes puissent juger.

Un miracle est, dans un fait particulier, un acte immédiat de la puissance divine, un changement sensible dans l’ordre de la nature, une exception réelle & visible à ses Loix. Voilà l’idée dont il ne faut pas s’écarter, si l’on veut s’entendre en raisonnant sur cette matiere. Cette idée offre deux questions à résoudre.

La premiere : Dieu peut-il faire des miracles ? c’est-à-dire