Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/239

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m’abstenir de transcrire ici l’article qui les termine : il est curieux.

Il est vrai que M. Rousseau & ses Partisans prétendent que ces doutes n’attaquent point réellement le Christianisme, qu’à cela près il continue d’appeller divin. Mais si un Livre caractérisé, comme l’Evangile l’est dans les Ouvrages de M. Rousseau, peut encore être appellé divin, qu’on me dise quel est donc le nouveau sens attaché à ce terme ? En vérité, si c’est une contradiction, elle est choquante ; si c’est une plaisanterie, convenez qu’elle est bien déplacée dans un pareil sujet ?*

[*Page 11]

J’entends. Le culte spirituel, la pureté du cœur, les œuvres do miséricorde, la confiance, l’humilité, la résignation, la tolérance, l’oubli des injures, le pardon des ennemis, l’amour du prochoin, la fraternité universelle & l’union du Genre-humain par la charité, sont autant d’inventions du Diable. Seroit-ce là le sentiment de l’Auteur & de ses Amis ? On le diroit à leurs raisonnemens & sur-tout à leurs œuvres. En vérité, si c’est une contradiction, elle est choquante. Si c’est une plaisanterie, convenez qu’elle est bien déplacée dans un pareil sujet.

Ajoutez que la plaisanterie sur un pareil sujet est si fort du goût de ces Messieurs, que, selon leurs propres maximes, elle eut dû, si je l’avois faite, me faire trouver grace devant eux. *

[*Page 23]

Après l’exposition de mes crimes, écoutez les raisons pour lesquelles on a si cruellement renchéri sur la rigueur de la Loi dans la poursuite du criminel.