Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/249

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Constitution, qui, en cas de dispute, attribue aux Conseils le droit de décider sur le dogme. "

Vous voyez, Monsieur, dans ces dernieres lignes, le principe sur lequel est fondé ce qui les précédé. Ainsi, pour procéder dans cet examen avec ordre, il convient de commencer par la fin.

Tout ce qui es du ressort de l’Autorité en matiere de Religion, est du ressort du Gouvernement.

Il y a ici dans le mot Gouvernement une équivoque, qu’il importe beaucoup d’éclaircir ; & je vous conseille, si vous aimez la Constitution de votre Patrie, d’être attentif à la distinction que je vais faire ; vous en sentirez bientôt l’utilité.

Le mot de Gouvernement n’a pas le même sens dans tous les pays, parce que la Constitution des Etats n’est pas par-tout la même.

Dans les Monarchies, où la puissance exécutive est jointe à l’exercice de la souveraineté, le Gouvernement n’est autre chose que le Souverain lui-même, agissant par ses Ministres, par son Conseil, ou par des Corps qui dépendent absolument de sa volonté. Dans les Républiques, sur-tout dans les Démocraties, où le Souverain, n’agit jamais immédiatement par lui-même, c’est autre chose. Le Gouvernement n’est alors que la puissance exécutive, & il est absolument distinct de la souveraineté.

Cette distinction est très-importante en ces matieres. Pour l’avoir bien présente a l’esprit, on doit lire avec quelque soin dans le Contrat Social les deux premiers Chapitres du Livre troisieme, où j’ai tâché de fixer, par un sens précis, des