Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t6.djvu/53

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plus ; vous prenez la peine d’entrer là-dessus en discussion, contre votre ordinaire ; & le seul endroit de votre Mandement où vous ayez raison, est celui où vous réfutez une extravagance que je n’ai pas dite.

Voici le passage que vous attaquez, ou plutôt votre passage où vous rapportez le mien ; car il faut que le lecteur me voye entre vos mains.

" Je sais," fait-il dire au personnage supposé qui lui sert d’organe ;*

[*Mandement,XIII.] " je sais que le monde est gouverné par une volonté puissante & sage ; je le vois, ou plutôt je le sens, & cela m’importe à savoir : mais ce même monde est-il éternel, ou crée ? Y a-t-il un principe unique des choses ? Y en a-t-il deux ou plusieurs, & quelle est leur nature ? Je n’en sais rien, & que m’importe ?......*

[*Ces points indiquent une lacune de deux lignes par lesquelles le passage est tempéré, & que M. de Beaumont n’a pas voulu transcrire. Voy. Emilie, Tome. II. p. 33. In-4̊. Tome III. p. 50. in-8̊. & in-12̊.] je renonce à des questions oiseuses qui peuvent inquiéter mon amour-propre, mais qui sont inutiles à ma conduite & supérieures à ma raison."

J’observe, en passant, que voici la seconde fois que vous qualifiez le Prêtre Savoyard de personnage chimérique ou supposé. Comment êtes-vous instruit de cela, je vous supplie ? J’ai affirmé ce que je savois ; vous niez ce que vous ne savez pas : qui des deux est le téméraire ? On sait, j’en conviens, qu’il y a peu de Prêtres qui croyent en Dieu ;mais encore n’est-il pas prouvé qu’il n’y en ait point du tout. Je reprends votre texte.