Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/415

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de mes arrieres-petits-neveux & deux Julies mes arrieres-petites-niéces, l’une par le fer, l’autre par la faim. Grand Jupiter, si vous l’admettez parmi nous, à tort ou non, ce sera surement à votre blâme. Car dit-moi, je te prie, ô divin Claude, pourquoi tu fis tant tuer de gens sans les entendre, sans même t’informer de leurs crimes ? C’étoit ma coutume. Ta coutume ? On ne la connoît pas ici. Jupiter qui regne depuis tant d’années a-t-il jamais rien fait de semblable ? Quand il estropia son fils, le tua-t-il ? Quand il pendit sa femme, l’étrangla-t- il ? Mais toi n’as-tu pas mis à mort Messaline, dont j’étois le grand oncle ainsi que le tien ?*

[*Par l’adoption de Drusus, Auguste étoit l’ayeul de Claude, mais il étoit aussi son grand oncle par la jeune Antonia mere de Claude & niece d’Auguste.] Je j’ignore, dis-tu ? Misérable ! Ne sais-tu pas, qu’il t’est plus honteux de l’ignorer que de l’avoir fait ?

Enfin Caius Caligula s’est ressuscité dans son successeur. L’un fait tuer son beau-pere,*

[*M. Syllanus] & l’autre son gendre.*

[*Pompeius magnus] L’un défend qu’on donne au fils de Crassus le surnom de grand, l’autre le lui rend & lui fait couper la tête. Sans respect pour un sang illustre, il fait périr dans une même maison Scribonie, Tristonie, Assarion, & même Crassus le grand, ce pauvre Crassus si complétement sot qu’il eût mérité de régner : songez Peres Conscripts, quel monstre ose aspirer à siéger parmi nous ! Voyez, comment déifier une telle figure, vil ouvrage des Dieux irrités ! A quel culte, à