Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/559

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LETTRE IV.

Du 19 Juin 1772.

VOus m’avez tiré de peine, chere Couſine, mais il me reſte encore de l’inquiétude ſur ces maux d’eſtomac appelles maux de cœur, dont votre maman ſent les retours dans l’attitude d’écrire. Si c’eſt ſeulement l’effet d’une plénitude de bile, le voyage & les eaux ſuffiront pour l’évacuer ; mais je crains bien qu’il n’y ait à ces accidens quelque cauſe locale qui ne ſera pas ſi facile à détruire, & qui demandera toujours d’elle un grand ménagement, même après ſon rétabliſſement. J’attends de vous des nouvelles de ce voyage, auſſi-tôt que vous en aurez ; mais j’exige que la maman ne ſonge à m’écrire que pour m’apprendre ſon entiere guériſon.

Je ne puis comprendre pourquoi vous n’avez pas reçu l’herbier. Dans la perſuaſion que tante Julie étoit déjà partie, j’avois remis le paquet à M. G. pour vous l’expédier en paſſant à Dijon. Je n’apprends d’aucun côté qu’il ſoit parvenu ni dans vos mains ni dans celles de votre ſœur, & je n’imagine plus ce qu’il peut être devenu.

Parlons de plantes tandis que la ſaiſon de les obſerver nous y invite. Votre ſolution de la queſtion que je vous avois faite ſur les étamines des crucifères eſt parfaitement juſte, & me prouve bien que vous m’avez entendu ou plutôt que vous m’avez écouté ; car vous n’avez beſoin que d’écouter pour en-