Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/603

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entr’autres la Lyſimachia Tenella, que je crois vous avoir envoyée. Mais j’ai trouvé dans cette herboriſation que les indications de Tournefort & de Vaillant ſont très-fautives, ou que depuis eux, bien des plantes ont changé de ſol. J’ai cherché entr’autres, & j’ai engagé tout le monde à chercher avec ſoin, le Plantago Monanthos à la queue de l’Etang de Montmorenci & dans tous les endroits où Tournefort & Vaillant l’indiquent, & nous n’en avons pu trouver un ſeul pied ; en revanche j’ai trouvé pluſieurs plantes de remarque & même tout près de Paris, dans des lieux où elles ne ſont point indiquées. En général j’ai toujours été malheureux en cherchant d’après les autres. Je trouve encore mieux mon compte à chercher de mon chef.

J’oubliois, Monſieur, de vous parler de vos livres. Je n’ai fait encore qu’y jetter les yeux, & comme ils ne ſont pas de taille à porter dans la poche, & que je ne lis gueres l’été dans la chambre, je tarderai peut-être juſqu’à la fin de l’hiver prochain à vous rendre ceux dont vous n’aurez pas à faire avant ce tems-là. J’ai commencé de lire l’Anthologie de Pontevera, & j’y trouve contre le ſyſtême ſexuel des objections qui me paroiſſent bien fortes, & dont je ne ſais pas comment Linnæus s’eſt tiré. Je ſuis ſouvent tenté d’écrire dans cet auteur & dans les autres les noms de Linnæus à côté des leurs pour me reconnoître. J’ai déjà même cédé à cette tentation pour quelques-unes, n’imaginant à cela rien que d’avantageux pour l’exemplaire. Je ſens pourtant que c’eſt une liberté que je n’aurois pas dû prendre ſans votre agrément, & je l’attendrai pour continuer.