Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t7.djvu/72

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c’est ici le fond de la question, j’avoue qu’il est très-adroit à moi de n’avoir fait que sembler prendre parti là-dessus.

Ils ajoutent que l’Auteur préféré la rusticité à la politesse.

Il est vrai que l’Auteur préféré la rusticité à l’orgueilleuse & fausse politesse de notre siecle, & il en a dit la raison. Et qu’il fait main basse sur tous les savans & les Artistes. Soit puisqu’ on le veut ainsi, je consens de supprimer toutes les distinctions que j’y avois mises.

Il auroit dû, disent-ils encore, marquer le point d’où il part, pour désigner l’époque de la décadence : j’ai fait plus ; j’ai rendu ma proposition générale : j’ai assigné ce premier degré de la décadence des mœurs au premier moment de la culture des lettres dans tous les pays du monde, & j’ai trouvé le progrès de ces deux choses toujours en proportion. Et en remontant à cette premiere époque, faire comparaison des mœurs de ce tems-là avec les nôtres. C’est ce que j’aurois fait encore plus au long dans un volume in-4. Sans cela nous ne voyons point jusqu’où il faudroit remonter, à moins que ce ne soit au tems, des Apôtres. Je ne vois pas, moi, l’inconvénient qu’il y auroit à cela, si le fait étoit vrai ; mais je demande justice au Censeur : voudroit-il que j’eusse dit que le tems de la plus profonde ignorance étoit celui des Apôtres ?

Ils disent de plus, par rapport au luxe, qu’en bonne politique on fait qu’il doit être interdit dans les petits Etats, mais que le cas d’un royaume tel que la France, par exemple, est tout différent, les raisons en sont connues.

N’ai-je pas ici encore quelque sujet de me plaindre ? ces raisons sont celles auxquelles j’ai tâché de répondre. Bien on