Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/360

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pas au vice de l’instrument, devroient, du moins par leur signification, conserver toute la pureté de l’harmonie.

De plus ; les altérations causées par les différens tons, ne sont point pratiquées par les voix ; l’on n’entonne point, par exemple, l’intervalle 45, autrement que l’on entonneroit celui-ci 56, quoique cet intervalle ne soit pas tout-a-fait même, & l’on module en chantant avec la même justesse dans tous les tons, malgré les altérations particulieres que l’imperfection des instrumens introduit dans ces différens tons, & à laquelle la voix ne se conforme jamais, à moins qu’elle n’y soit contrainte par l’unisson des instrumens.

La nature nous apprend à moduler sur tous les tons, précisément dans toute la justesse des intervalles ; les voix conduites par elle le pratiquent exactement. Faut-il nous éloigner de ce qu’elle prescrit pour nous assujettir à une pratique défectueuse, & faut-il sacrifier, non pas à l’avantage, mais au vice des instrumens, l’expression naturelle du plus partait de tous. C’est ici qu’on doit se rappeller tout ce que j’ai dit ci-devant sur la génération des sons, & c’est par-la qu’on se convaincra que l’usage de mes signes n’est qu’une expression très-fidelle & très-exacte des opérations de la nature.

En second lieu ; dans les plus considérables instrumens, comme l’Orgue, le Clavecin & la Viole, les touches étant fixées, les altérations différentes de chaque ton dépendent uniquement de l’accord, & elles sont également pratiquées par ceux qui en jouent, quoiqu’ils n’y pensent point. Il en est de même des Flûtes, des Hautbois, Bassons & autres instrumens à trous, les dispositions des doigts sont fixées pour