Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t8.djvu/539

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


faudroit, pour ainsi dire, créer un nouveau Dictionnaire, inventer à chaque instant des termes pour offrir aux, le lecteurs François des idées inconnues parmi eux, & leur tenir des discours qui leur paroîtroient du galimatias. En un mot, pour en être compris, il faudroit leur parler un langage qu’ils entendissent, & par conséquent de science & d’arts de tout genre, excepte la seule Musique. Je n’entrerai donc point sur cette matiere dans un détail affecte qui ne serviroit de rien pour l’instruction des Lecteurs, & sur lequel ils pourroient présumer que je ne dois qu’à leur ignorance en cette partie, la force apparente de mes preuves.

Par la même raison je ne tenterai pas non plus le parallele qui a été propose cet hiver, dans un écrit adresse au petit Prophète & à les adversaires, de deux morceaux de Musique, l’un Italien & l’autre François, qui y sont indiques. La scene Italienne, confondue en Italie avec mille autres chefs-d’œuvre égaux ou supérieurs, étant peu connue à Paris, peu de gens pourroient suivre la comparaison, & il se trouveroit que je n’aurois parle que pour le petit nombre de ceux qui savoient déjà ce que j’avois à leur dire. Mais, quant à la scene Françoise, j’en crayonnerai volontiers, l’analyse avec d’autant plus de plaisir, qu’étant le morceau consacre dans la Nation par les plus unanimes suffrages, je n’aurai pas à craindre qu’on m’accuse d’avoir mis de la partialité dans le choix, ni d’avoir voulu soustraire mon jugement à celui des Lecteurs par un sujet peu connu.

Au reste, comme le ne puis examiner ce morceau sans en adopter le genre, au moins par hypothèse, c’est rendre à la