Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/106

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la Musique de la plus haute antiquité l’on n’en trouvé plus du tout.

BÉMOL ou B MOL, s. m. Caractere de Musique auquel on donne. à-peu-près la figure d’un b, & qui sait abaisser d’un semi-Ton mineur la Note à laquelle il est joint. (Voyez, SEMI-TON.)

Guy d’Arezzo ayant autrefois donne des noms à six des Notes de l’Octave, desquelles il fit son célebre Hexacorde, laissa la septieme sans autre nom que celui de la lettre B qui lui est propre, comme le C à l’ut, le D au re, &c. Or ce B se chantoit de deux manieres ; savoir, à un ton au-dessus du la, selon l’ordre naturel de la Gamme, ou seulement à un semi-Ton du même la, lorsqu’on vouloit conjoindre les Tétracordes ; car il n’étoit pas encore question de nos Modes ou Tons modernes. Dans le premier cas, le si sonnant assez durement, à cause des trois Tons consécutifs, on jugea qu’il faisoit à l’oreille un effet semblable à celui que les corps anguleux & durs sont à la main : c’est pourquoi on l’appella B dur ou B quarre, en Italien B quadro. Dans le second cas, au contraire, on trouva que le si étoit extrêmement doux ; c’est pourquoi on l’appella B mol ; par la même analogie on auroit pu l’appeller aussi B rond, & en effet les Italiens le nomment quelquefois B tondo.

Il y a deux manieres d’employer le Bémol ; l’une accidentelle, quand dans le cours du Chant on le place à la gauche d’une Note. Cette Note est presque toujours la Note-sensible dans les Tons majeurs, & quelquefois la seizieme Note dans les Tons mineurs, quand la Clef n’est pas correctement