Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/343

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Unité de Mélodie ; voilà la grande regle commune qu’il faut souvent pratiquer par des moyens differens. Il faut choisir les Accords, les Intervalles, afin qu’un certain Son, & non pas un autre, fasse l’effet principal ; unité de Mélodie. Il faut quelquefois mettre en jeu des Instrumens ou des Voix d’espece différente, afin que la Partie qui doit dominer, se distingue plus aisément ; unité de Mélodie. Une autre attention non moins nécessaire, est, dans les divers enchaînemens de Modulations qu’amene la marche & le progrès de la Fugue, de faire que toutes ces Modulations se correspondent à la fois dans toutes les Parties, de lier le tout dans son progrès par une exacte conformité de Ton ; de peur qu’une Partie étant dans un Ton & l’ autre dans un autre, l’Harmonie entiere ne soit dans aucun, & ne présente plus d’ effet simple à l’oreille, ni d’idée simple à l’esprit ; unité de Mélodie. En un mot, dans toute Fugue, la confusion de Mélodie de Modulation est en même terris ce qu’il y a de plus à craindre & de plus difficile à éviter ; & le plaisir que donne ce genre de Musique étant toujours médiocre, on peut dire qu’une belle Fugue est l’ingrat chef-d’œuvre d’ un bon Harmoniste.

Il y a encore plusieurs autres manieres de Fugues ; comme les Fugues perpétuelles appellées Canons, les doubles Fugues, les Contre-Fugues, ou Fugues renversées, qu’on peut voir chacune à son mot, & qui servent plus à étaler l’art des Compositeurs qu’à flatter l’ oreille des Ecoutans.

Fugue, du Latin fuga, suite ; parce que les Parties, partant ainsi successivement, semblent se fuir & se poursuivre l’une l’autre.