Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/38

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exige qu’il ait toujours sous un doigt la Note du Chant pour la refrapper au besoin & soutenir ou remettre la Voix, quand elle foiblit ou s’égare. La seconde exige qu’il marque la Basse & son Accompagnement par des coups fermes, égaux, détachés & bien réglés à tous égards, afin de bien faire sentir la Mesure aux Concertans, sur-tout au commencement des Airs. On trouvera dans les trois Articles suivans, les détails qui peuvent manquer à celui-ci.

ACCOMPAGNEMENT. C’est l’exécution d’une Harmonie complete & réguliere sur un Instrument propre à la rendre, tel que l’Orgue, le Clavecin, le Théorbe, la Guitare, &c. Nous prendrons ici le Clavecin pour exemple ; d’autant plus qu’il est presque le seul Instrument qui soit demeuré en usage pour l’Accompagnement.

On y a pour guide une des Parties de, la Musique, qui est ordinairement la Basse. On touche cette Basse de la main gauche, & de la droite l’Harmonie indiquée par la marche de la Basse, par le chant des autres Parties qui marchent en même tems, par la Partition qu’on a devant les yeux, ou par les chiffres qu’on trouvé ajoutés à la Basse. Les Italiens méprisent les chiffres ; la Partition même leur est peu nécessaire : la promptitude & la finesse de leur oreille y supplée, & ils accompagnent fort bien sans tout cet appareil. Mais ce n’est qu’à leur disposition naturelle qu’ils sont redevables de cette facilité, & les autres Peuples, qui ne sont pas nés comme eux pour la Musique, trouvent à la pratique de l’Accompagnement des obstacles presque insurmontables.