Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/46

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comme elle dépend plus de l’usage & du goût que des Regles qu’on en peut donner, je me contenterai de faire ici que ici quelques observations générales que ne doit ignorer aucun Accompagnateur.

I. Quoique dans les Principes de M. Rameau, l’on doive toucher tous les Sons de chaque Accord, il faut bien se garder de prendre toujours cette Regle à la lettre. Il y a des Accords qui seroient insupportables avec tout ce remplissage. Dans la plupart des Accord dissonans, sur-tout dans les Accords par supposition, il y a quelque Son à retrancher pour en diminuer la dureté : ce Son est quelquefois la Septieme, quelquefois la Quinte ; quelquefois l’une & l’autre se retranchent. On retranche encore assez souvent la Quinte ou l’Octave de la Basse dans les Accords dissonans, pour éviter des Octaves ou des Quintes de suite qui peuvent faire un mauvais effet, sur-tout aux extrémités. Par la même raison, quand la Note sensible est dans la Basse, on ne la met pas dans l’Accompagnement ; & l’on double, au lieu de cela, la Tierce ou la Sixte, de la main droite. On doit éviter aussi les Intervalles de Seconde, & d’avoir deux doigts joints ; car cela fait une Dissonance fort dure, qu’il faut garder pour quelques occasions où l’expression la demande. En général on doit penser, en accompagnant, que quand M. Rameau veut qu’on remplisse tous les Accords, il a bien plus d’égard’a la méchanique des doigts & à son systême particulier d’Accompagnement, qu’à la pureté de l’Harmonie. Au lieu du bruit confus que fait un pareil Accompagnement, il faut chercher à