Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/532

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


OREILLE, s, f. Ce mot s’emploie figurément en terme de Musique. Avoir de l’Oreille, c’est avoir l’ouïe sensible, fine & juste ; en sorte que, soit pour l’’intonation, soit pour la Mesure, on soit choqué du moindre défaut, & qu’aussi l’on soit frappé des beautés de l’Art, quand on les entend. On a l’Oreille fausse lorsqu’on chante constamment faux, lorsqu’on ne distingue point Intonations fausses des Intonations justes, ou lorsqu’on n’est point sensible à la précision de la Mesure, qu’on la bat inégale ou à contre-tems. Ainsi le mot Oreille se prend toujours pour la finesse de la sensation ou pour le jugement du sens. Dans cette acception le mot ne se prend jamais qu’au singulier & avec l’article partitif. Avoir de l’Oreille ; il a peu d’Oreille.

ORGANIQUE, adj. pris subst. au fémin. C’étoit chez les Grecs cette partie de la Musique qui s’exécutoit sur les Instrumens, & cette partie avoit ses caracteres, ses Notes particulieres, comme on le voit dans les Tables de Bacchius & d’Alypius. (Voyez MUSIQUE, NOTES.)

ORGANISER le Chant, v. a. C’étoit, dans le commencement de l’invention du Contre-point, insérer quelques Tierces dans une suite de Plain-Chant à l’unisson : de sorte, par exemple, qu’une partie du Chœur chantant ces quatre Notes, ut re si ut, l’autre partie chantoit en même tems ces quatre-ci ut re re ut. II paroît par les exemples cités par l’Abbé le Beuf & par d’autres, que l’Organisation ne se pratiquoit gueres que sur la Note sensible à l’approche de la finale ; d’où il suit qu’on n’organisoit presque jamais que par une Tierce mineure. Pour un Accord si facile &