Page:Rousseau - Collection complète des œuvres t9.djvu/639

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sont allez inutiles, puisque toutes ces différentes figures de Notes sont moins des Mesures différentes que des modifications de Mouvement dans la même espece de Mesure ; ce qui se marque encore mieux avec un seul mot écrit à la tête de l’Air, qu’avec tous ce fatras de chiffres & de Notes qui ne servent qu’à embrouiller un Art déjà assez difficile en lui-même. (Voyez DOUBLE, TRIPLE, TEMS, MESURE, VALEUR DES NOTES.)

SI. Une des sept syllabes dont on se sert en France pour solfier les Notes. Guy Arétin, en composant sa Gamme, n’inventa que six de ces syllabes, parce qu’il ne fit que changer en Hexacordes les Tétracordes des Grecs, quoiqu’au fond sa Gamme fût, ainsi que la nôtre, composée de sept Notes. Il arriva de-là que, pour nommer la septieme, il faloit à chaque instant changer les noms des autres & les nommer de diverses manieres : embarras que nous n’avons plus depuis l’invention du Si, sur la Gamme duquel un Musicien nommé de Nivers fit, au commencement du siecle, un ouvrage exprès.

Brossard, & ceux qui l’ont suivi, attribuent l’invention du Si à un autre Musicien nommé Le Maire, entre le milieu & la fin du dernier siecle ; d’autres en sont honneur à un certain Van-der-Putten ; d’autres remontent jusqu’à Jean de Muris, vers l’an 1330 ; & le Cardinal Bona dit que dès l’onzieme siecle, qui étoit celui de l’Arétin, Ericius Dupuis ajouta une Note aux six de Guy, pour éviter les difficultés des Muances & faciliter l’étude du Chant.

Mais, sans s’arrêter à l’invention d’Ericius Dupuis, morte sans doute avec lui, ou sur laquelle Bona, plus récent de